

Enquête sur les formes de coexistence du vivant dans des milieux transformés.
Néo sauvage (fluvial) nomme des situations où le vivant se maintient, s’adapte et développe de nouveaux équilibres dans des milieux transformés, là où s’entrelacent dynamiques naturelles, infrastructures techniques et dispositifs de compensation écologique.
Ce projet propose une hypothèse qui dépasse les représentations administrées du territoire: celle d’un néo-sauvage fluvial.
Dans les plaines alluviales en transformation, le Rhône n’est plus seulement un cours d’eau dynamique. Il devient un système complexe où coexistent flux naturels, ouvrages techniques et dispositifs de compensation écologique. Le vivant n’y disparaît pas. Il s’y ajuste, s’y recompose, et parfois y trouve de nouvelles continuités.
Loin d’une opposition entre nature intacte et artificialisation, le projet s’intéresse aux conditions dans lesquelles des formes de vie persistent et se redéploient dans des milieux déjà transformés. Il cherche à rendre visibles ces situations où des équilibres se construisent au sein même des contraintes.
Ancré dans le Bois de Finges, au lieu-dit Tschüdanga, le projet prend ce territoire comme un cas situé. Non comme un objet de polémique, mais comme un espace d’attention. Il agit comme un révélateur des limites de nos outils de lecture et de gouvernance face à la complexité du vivant.
À travers une enquête sensible et conceptuelle, il s’agit de documenter ce qui se joue dans les interstices de la modernité infrastructurelle, et de produire des formes capables d’accompagner la compréhension d’un système en transformation.
Cette démarche ouvre une question: que signifie habiter un milieu où les relations entre vivant, usages et infrastructures ne relèvent plus de séparations claires, mais d’un entrelacs en recomposition?
Laurence Piaget-Dubuis
